Dans la tête du curleur Benoît Schwarz-van Berkel

Dans la tête du curleur Benoît Schwarz-van Berkel
“Tu ne peux pas te cacher ni te rater”

 

Ce sont quelques secondes lors desquelles Benoît Schwarz-van Berkel peut faire basculer une partie. Le faire passer de héros à zéro, selon la destinée de ces deux dernières pierres de granit que le curleur genevois doit faire glisser. Un instant fatidique après plusieurs heures de concentration extrême. Voici le rôle ingrat qui colle au numéro quatre du Team Schwaller. “Vu que ce sont les deux dernières pierres jouées de mon équipe, toutes les analyses et critiques vont être dirigées vers cette erreur-là en cas de défaite, résume en souriant le Genevois de 34 ans. Un moment décisif où tu ne peux pas te cacher ni te rater.”

Remplaçant à Sotchi en 2014, médaillé de bronze avec ses potes du Team de Cruz à Pyeongchang en 2018, avant la désillusion de Pékin 2022 et une élimination prématurée du tournoi olympique, Benoît Schwarz-van Berkel aborde ses quatrièmes JO avec sérénité. Vice-champion du monde et vice-champion d’Europe avec sa nouvelle formation (composée de Yannick Schwaller, Sven Michel et Pablo Lachat), le curleur se dit “mieux entouré que jamais”.
Cet instant des deux dernières pierres, ces secondes qui peuvent faire basculer une finale vers l’or, ont été répétées.

Inlassablement. A l’image d’un virtuose qui répète ses gammes. “A chaque pierre de chaque entraînement, pendant toute l’année, je me plonge dans cet état mental, afin d’être un peu plus prêt le jour J, grâce à une multitude de petites simulations, détaille l’athlète du Team Genève. Lors d’un match décisif d’un grand tournoi, pendant ces fameuses quelques secondes qui peuvent décider d’une partie, je ne dois pas réfléchir à l’importance d’une pierre et me détacher complètement du score.”

L’obsession de la grande chance de médaille genevoise aux JO de Milan-Cortina 2026? “Trouver le bon relâchement, parvenir à cet équilibre parfait pour te sentir dans la forme idéale et réussir à exécuter dans ces secondes décisives le geste souhaité, à l’image d’un tireur de pénalty, poursuit le curleur du CC3C Genève. Je me concentre sur la position de mes épaules, celle de mes hanches, je dois faire en sorte que tout soit fluide afin d’arriver à ce relâchement.”

Le numéro quatre du Team Schwaller n’a rien laissé au hasard sur le plan mental. Et a même rencontré l’ex-tennisman Marc Rosset. “En tennis, les athlètes sont sous pression du public et des médias en permanence, alors que nous avons la lumière qu’aux Jeux olympiques, c’était donc hyper intéressant d’échanger avec ce grand champion”, souligne le curleur.

La méditation et des exercices de respiration permettent à Benoît Schwarz-van Berkel de favoriser une meilleure gestion de ces moments capitaux. C’est aussi dans les mains du Genevois que repose la préparation du pain frais pour ses coéquipiers, un loisir qui permet de faire d’une pierre deux coups et de relâcher la pression pendant les tournois.

Au Stadio Olimpico del Ghiaccio de Cortina d’Ampezzo, Benoît Schwarz-van Berkel espère que ce moment fatidique, celui où il fera glisser ces deux dernières pierres, arrivera le plus tard possible dans la compétition. “J’espère qu’elles seront exceptionnelles, sourit le médaillé de bronze olympique 2018. D’avoir une confiance à son maximum et vu que je ne suis pas le plus expressif des joueurs, je me souhaite d’avoir le sourire sur la glace de Cortina au moment décisif, histoire d’être relâché et heureux.”

Photo: © KEYSTONE / ENNIO LEANZA

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